ACTION SOCIALE

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Le monde actuel connaît les niveaux de déplacement les plus élevés de l’histoire de l’humanité. La complexité des causes qui font que des millions de personnes décident de quitter leurs territoires et leurs liens sociaux, familiaux et affectifs, a, le plus souvent, un dénominateur commun : les violations graves et persistantes des droits humains auxquelles elles sont confrontées.

Tout comme les migrations forcées sont inexorablement liées aux violations des droits humains, ces dernières ont, quant à elles, un rapport direct indéniable avec le système économique actuel, capitaliste, ethnocide et écocide. La négation implacable de l’interdépendance et de l’éco-dépendance comme caractéristique centrale et inhérente dudit modèle, nous conduit directement aux raisons structurelles de ce phénomène, qui se traduit par une augmentation constante de la population devant avoir recours à une protection internationale permanente ou temporaire.

À Mundubat nous estimons que face à cette réalité de dépossession territoriale et d’absence de protection, il faut briser l’approche classique du déplacement forcé.

Nous sommes convaincus que celui-ci a lieu lorsqu’il y a violation durable des droits humains (qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, environnementaux, civils ou politiques) et,

partant de là, lorsqu’il y a non-respect des obligations de l’État qui, par action ou par omission, engendre l’absence de protection.

Conformément à notre vision critique et émancipatrice des droits humains, sans omettre la diversité de chacun des contextes dans lesquels ils se matérialisent, Mundubat pense que des actions doivent être mises en place sur deux fronts : d’une part, pour fournir un abri matériel et social aux personnes et aux familles qui ont été forcées de migrer, et d’autre part, pour protéger spécifiquement les collectifs qui travaillent activement à la transformation dudit modèle mondial et qui, de ce fait, sont directement persécutés . Pour ce faire, il faut créer des espaces sûrs destinés à leur repos et leur raffermissement. Des espaces qui permettent d’articuler divers combats sous des latitudes différentes mais qui convergent vers des objectifs communs.

Ainsi donc, faisant siennes les demandes de divers groupes en charge de la population migrante et des organisations du Sud global qui souffrent de harcèlement et de persécution du fait de leur travail, en collaboration avec le groupe de bénévoles de Gallarta, le Département d’action sociale de Mundubat a mis en marche un centre d’accueil baptisé Casa « Martin Etxéa » qui est un espace de refuge et de protection. Cette maison est le siège principal du Département, l’espace où se matérialisent les processus nécessaires à l’abordage des différentes lignes d’action qui sont notre socle.

Le département d'action sociale de Mundubat a huit lignes d'action:

Notre programme d’accueil a pour objet d’offrir un espace sécure permettant l’accompagnement temporaire des personnes et/ou familles, suivant deux modèles d’accueil différents :

  • l’un, destiné aux personnes migrantes en situation irrégulière, dans leur processus de migration et de recherche d’opportunités socio-économiques, et se trouvant sans papiers ;
  • et l’autre, consacré à des personnes défenseuses des DDHH et ayant besoin de protection (internationale) en raison de la persécution dont elles sont l’objet dans leur pays/lieu d’origine, du fait de leur activisme social et politique, de leur volonté de transformer un système générateur d’exclusion et d’injustices, et de leur engagement en faveur de la défense, la promotion et la protection des Droits humains.

Cette ligne d’intervention, ample et intégrale, est composée des lignes d’action suivantes:

Le soutien matériel que nous apportons dans le cadre de Martin Etxea consiste en un séjour temporaire et une prise en charge médicale et psychologique des familles migrantes et des demandeurs d’asile et/ou de refuge.

Le tout se matérialise à Gallarta, en Biscaye, où se trouve la maison d’accueil Martin Etxea.

Pendant leur séjour à Martin Etxea, toutes les personnes et familles participent à des activités de formation à l’agro-écologie.

Le processus de formation prévoit, non seulement l’acquisition de connaissances théoriques, mais aussi la mise en pratique de ce qui a été enseigné dans le jardin potager de Martin Etxea. Ces connaissances sont destinées à la production de nourriture et donc à la subsistance des personnes qui vivent dans les espaces de Martin Etxea.

L’accompagnement que nous offrons aux personnes et aux familles hébergées à Martin Etxea comporte également un volet d’aide à la recherche de ressources institutionnelles afin d’assurer leur autonomie.

Cela implique un travail de plaidoyer politique qui se fait par le biais de rapports directs entre les technicien.nes du Département d’action sociale de Mundubat et les autorités et responsables des institutions compétentes en matière de migration et d’assistance sociale.

Nous croyons fermement au pouvoir du plaidoyer politique pour le respect des obligations institutionnelles et publiques qui reconnaissent la pleine citoyenneté de toutes et tous, quelles que soient leur condition et leur origine.

Nous pensons que les processus d’émancipation indispensables à la transformation de nos sociétés doivent se développer dans de multiples directions : les acteur.es ou les agent.es des populations et des secteurs bafoués ne sont pas les seul.es qui aient besoin de s’émanciper et d’acquérir les outils critiques, politiques et collectifs nécessaires aux processus de libération et de transformation. Si, aujourd’hui, les problèmes qui entravent le bien-être social touchent toute l’humanité et ont des effets dévastateurs sur tous les territoires à l’échelle mondiale, c’est précisément parce que le besoin d’émancipation et de rupture avec l’hégémonie destructrice est, lui aussi, mondial.

Très conscient de ce qui précède, le Département d’action sociale de Mundubat, s’efforce de mettre en place des processus d’éducation qui favorise la transformation sociale et permette de combler les écarts entre le Nord et le Sud, entre la conscience et les possibilités de résolution des problèmes locaux et mondiaux, par le biais d’activités de sensibilisation, de plaidoyer politique et d’actions de formation impliquant les personnes et les organisations accueillies, mais aussi la société civile basque.

Le Département d’Action Sociale de Mundubat, consacre des efforts importants au renforcement des liens de collaboration avec d’autres organisations et initiatives de dénonciation, sociales, socio-professionnelles relevant d’Euskal Herria, de l’État espagnol et internationales.

Notre engagement à contribuer à la reconstruction et à la consolidation d’un tissu social diversifié et internationaliste se concrétise également dans une base solide de travail structuré en différentes commissions de volontaires, dont beaucoup ont un profil de militance et/ou professionnel très élevé :

  1. Commission de Harrera/Accueil et entraide humanitaire.
  2. Commission Organisation, finances et questions juridiques.
  3. Commission Sensibilisation, plaidoyer politique et communication.
  4. Commission Maintien et souveraineté alimentaire.

Nous comptons également une Équipe de Coordination composée de tous les membres de commissions qui le souhaitent, ainsi que des adultes (défenseur.ses des droits humains, réfugié.es  et/ou immigré.es  socio-économiques) accueilli.es à Martin Etxea. Cette équipe se réunit tous les mois en assemblée.

La lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et pour la construction d’une société féministe est la boussole qui nous guide, de manière transversale et constante, dans tous les processus qui sous-tendent les actions du Département d’Action Sociale de Mundubat.

Notre façon d’appréhender et de contribuer à la lutte féministe se nourrit des postulats du Féminisme Paysan et Populaire que nous avons accueilli et fait nôtre, comme une organisation alliée (le Féminisme paysan et populaire est l’axe transversal qui guide toute planification et toute structure de La Vía Campesina). Nous sommes inspirés par la lutte historique menée par La Vía Campesina dans le domaine de la Souveraineté Alimentaire, des droits du territoire et des femmes ; c’est un cadre de référence pour tous nos processus de réflexion, de structuration, d’action et de manifestation. Le Féminisme Paysan et Populaire est un féminisme qui ne peut être conçu ni matérialisé en dehors d’un engagement ferme pour la lutte de classe, paysanne et populaire.

Nous travaillons, au Département d’Action Sociale, à la conception et à la mise en place d’une stratégie de communication qui nous permette de faire la lumière sur les situations d’injustice et les dénonciations.

Nous estimons en effet qu’il est important de les mettre en évidence, afin de contribuer aux processus de transformation politique et sociale aujourd’hui urgents si nous voulons mettre fin aux violations des droits humains qui continuent d’être systématiquement perpétrées.

Pour ce faire, nous comptons sur la collaboration, la solidarité et le sens des responsabilités des médias qui nous permettent de rendre visibles et de dénoncer les différentes réalités et injustices dont nous sommes connaisseur/ses.

Parmi les différents processus d’accompagnement, le travail du département d’action sociale de Mundubat porte aussi sur les plans de sécurité liés au retour des personnes et des familles dans leur pays d’origine.

INITIATIVES ET CAMPAGNES

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